Un dynamisme ralenti sur le marché immobilier français
Après des années record, que ce soit en termes de transactions ou de prix, le marché immobilier en France montre des signes de ralentissement sur le territoire national. « Pour autant, il n’y a pas d’effondrement en vue. C’est plutôt un retour à la normale après des mois d’euphorie inédite, tempère maître Édouard Grimond, porte-parole du Conseil supérieur du notariat (CSN). En moyenne, sur la décennie, il s’est vendu 850 000 biens immobiliers en France. Après avoir atteint le record d’1,2 million de transactions en août 2021 sur 12 mois glissants, nous sommes retombés à 1,1 million à fin novembre 2022. » Ainsi, le ralentissement amorcé début 2022 s’accélère, avec une érosion du nombre de ventes de - 6% sur un an.
Hausse des taux de crédit, flambée des prix… les raisons du ralentissement
Pour expliquer ce recul, il faut d’abord se focaliser sur la hausse des taux de prêt bancaire « qui a exclu un nombre croissant de ménages de l’acquisition immobilière. C’est particulièrement le cas des primo-accédants », ajoute le notaire.
Ensuite, la flambée des prix des logements, constatée entre 2018 et 2021, a rogné le pouvoir d’achat immobilier des Français, contraints d’acheter plus petit ou plus loin ou bien d’abandonner leur projet. En 2022, les prix immobiliers, tous types de biens confondus, ont encore augmenté de 6,4% dans l’ancien et de 5% dans le neuf, selon les Notaires de France.
Enfin, la production de logements neufs est trop faible pour alimenter le marché immobilier en France dans son ensemble. Non seulement la demande n’est pas satisfaite dans de nombreuses villes, mais cette situation amplifie la hausse des prix.
L’amorce d’un rééquilibrage des prix dans l’ancien
Du côté du marché de l’ancien, les notaires commencent à observer un "rééquilibrage" en ce début 2023. Les avant-contrats signés au 4e trimestre 2022 permettent d’entrevoir un ralentissement des prix un peu plus significatif pour l’année 2023.
Mais les rares baisses de prix ne concernent que les grandes villes dans des proportions inférieures à 2%, là où l’immobilier a atteint des sommets, comme à Paris, Lyon ou Bordeaux. « La baisse des volumes de vente et la décélération des prix ne pourraient être que temporaires. Seuls les biens dont le diagnostic de performance énergétique (DPE) est mal noté, soit les classes F et G, devraient voir leur prix diminuer », prévient maître Édouard Grimond.
Pas de retournement dans le neuf
Un retournement de prix n’est non plus prévu du côté du marché de l’immobilier neuf. Les besoins en logements augmentent au rythme de la croissance démographique, tandis que le foncier disponible se fait toujours plus rare et donc plus cher. Conséquence, le prix des logements neufs atteint 4 310 € le m² médian en 2022, soit + 15% en cinq ans et + 23% en 10 ans.



