Actualités et conseils Nouveau DPE : quel impact sur la vente et la location de mon logement ?

Qu’est-ce que le DPE ?

Créé en 2006, le diagnostic de performance énergétique (DPE) classe les logements de A à G, en fonction de leur consommation d’énergie et de leur impact en termes d’émissions de gaz à effet de serre, la note A étant la meilleure et la G caractérisant un bien très énergivore ou très polluant. À la faveur de plusieurs évolutions, le poids de ce diagnostic a été renforcé. Il influence désormais fortement le choix des acquéreurs de biens comme des locataires.

Le DPE, au cœur de la lutte contre les passoires thermiques

Au 1er juillet 2021, le DPE a bénéficié d’une réforme, avec un mode de calcul désormais unique, une nouvelle présentation et un caractère devenu "opposable". Ainsi, un locataire ou un acquéreur peut obtenir réparation de la part d’un propriétaire bailleur ou d’un vendeur s’il prouve qu’il y a une faute ou une erreur sur le document, par exemple l’attribution d’une mauvaise note énergie. L’objectif du gouvernement : faire de ce diagnostic le pivot de la rénovation énergétique des logements. Il cible les biens classés F ou G, considérés comme des passoires thermiques.

D’autres mesures sont apparues pour lutter contre ces logements très énergivores, notamment avec la loi Climat & Résilience :

  • Le gel des loyers depuis août 2022
  • L’interdiction de louer les logements les plus énergivores dit "G+" (ceux dont la consommation en énergie finale dépasse 450 kWh par m² et par an) depuis le 1er janvier 2023
  • La réalisation d’un audit énergétique obligatoire pour vendre une maison ou un immeuble en monopropriété de classe F ou G, depuis le 1er avril 2023.
  • L’interdiction progressive de louer les logements classés G en 2025, F en 2028 et E en 2034.

Ventes : des décotes de prix allant jusqu’à 11%

Le nouveau DPE a un impact sur les ventes de biens immobiliers. Alors qu’il avait auparavant une valeur purement informative, il s’est transformé en critère de sélection. Les biens immobiliers les moins bien notés se vendent aujourd’hui plus difficilement. Les investisseurs locatifs s’en détournent s’ils n’ont pas les moyens de les rénover, et les acquéreurs de résidences principales sont attentifs aux mauvaises étiquettes énergie, même s’ils n’ont pas d’obligation à rénover. Certains ne veulent pas payer des factures d’énergie trop importantes, quand d’autres anticipent l’éventualité de louer leur bien à l’avenir.

Conséquence, les Notaires de France confirment que le nouveau DPE impacte désormais fortement le prix de vente des logements. D’après leur étude sur la valeur verte des biens en 2022, ceux classés F ou G subissent une décote de prix de - 2 à - 11% pour les appartements et de - 6 à - 19% pour les maisons, par rapport à des biens équivalents classés D. 

Des locataires plus vigilants

Avec la hausse des prix de l’énergie, les locataires peuvent aussi se montrer plus vigilants quant aux consommations énergétiques dans leur logement, le montant des charges étant plus élevé pour un bien énergivore.

Si le nouveau DPE a pour but d’améliorer le parc immobilier français, elles peuvent aussi avoir pour effet de renforcer la tension locative dans certaines villes. Avec l’entrée en vigueur de l’interdiction à la location, de nombreux logements risquent de sortir du marché locatif. Seules solutions pour leurs propriétaires : les vendre, mais avec le risque de devoir baisser les prix, ou les rénover. Différentes aides financières existent dans ce cas.