Face à l’urgence environnementale, il faut réduire sa consommation énergétique et les architectes s’intéressent de plus en plus au concept de maison autonome. Il n’est plus rare de voir de telles habitations s’implanter en zones rurales où la distribution en eau et énergie fait défaut. Pour devenir une maison parfaitement autonome, affranchie des réseaux nationaux, plusieurs étapes sont essentielles. « Avant toute chose, il faut réduire ses consommations personnelles, adopter des gestes simples, sans pour autant perdre en confort. Mieux vaut consommer moins que produire plus », explique Julien Vincent, architecte et conseiller national de l’Ordre des architectes. Une fois ces nouvelles habitudes prises, place à l’équipement technique pour produire localement ce dont on a besoin.
Isolation, eau, énergie : viser la performance !
Une conception globale de qualité permet d’augmenter les performances d’une maison autonome écologique. L’isolation est un chantier prioritaire qui aura une incidence sur l’ensemble des installations. À préférer ? Les matériaux biosourcés qui tolèrent mieux les surchauffes estivales. Le bois est intéressant car il évite les ponts thermiques. Enfin, toiture et murs végétalisés se révèlent très efficaces puisque la terre est un bon matériau pour amortir les effets du soleil et faciliter l’évaporation de la chaleur. La majorité des maisons autonomes utilisent une énergie produite à partir du soleil et, à la marge, du vent. « La technologie des panneaux solaires a progressé de façon incroyable. Chaque année, les équipements sont de plus en plus performants à des prix de moins en moins élevés », note Julien Vincent, architecte. L’énergie captée par les panneaux solaires thermiques servira à la production de l’eau chaude sanitaire (provenant de la récupération de l’eau de pluie). Les panneaux photovoltaïques transformeront, eux, l’énergie lumineuse du soleil en électricité. Dans les deux cas, l’angle des panneaux devra être important. « On reconnaît souvent une maison autonome à ses panneaux plus verticaux que les panneaux habituels, orientés de façon à produire assez d’énergie pour toute la famille en hiver », indique-t-il.
Un investissement rentable pour une maison économique
Côté financement, la maison autonome demande un investissement plus lourd au départ pour s’équiper, mais in fine on ne paie plus aucune facture d’eau ou d’électricité, une solution intéressante pour optimiser sa retraite. Le choix de l’autonomie apparaît rapidement rentable. À ce titre, l’installation d’un système de récupération et de chauffage de l’eau de pluie est amorti au bout d’un à cinq ans, et les équipements nécessaires à l’autonomie en électricité en une dizaine d’années minimum, en raison des coûts de stockage qui demeurent élevés (pour des batteries au lithium, qui durent plus longtemps, il faut compter 20 000 € en moyenne pour un logement).
« Maison à hydrogène » : quel avenir ?
Les maisons utilisant le gaz hydrogène sont des habitats passifs qui consomment une énergie totalement indépendante du réseau ou de sources d’énergie externes supplémentaires. L’hydrogène est stocké dans une pile à combustible qui fait office de pompe à chaleur, grâce à un dispositif de conversion électrochimique. L’alimentation en énergie est garantie en stockant l’énergie solaire générée au cours de la journée et en la convertissant en hydrogène, selon le principe de « power-to-gas ». La nuit et l’hiver, l’hydrogène est reconverti en électricité domestique. Associé au système de stockage de la batterie, il assure l’alimentation électrique de la maison et peut également répondre aux besoins en chauffage et à la charge d’une voiture électrique. L’utilisation de l’hydrogène ouvre des perspectives intéressantes pour le stockage de l’énergie, en remplacement des actuelles batteries.


