Actualités et conseils Comprendre le lexique de la maison écologique BBC, passive, HQE…
Maisons écologiques.

BBC, Bepos, Effinergie, maison écologique passive… des termes à profusion

Une première sensibilisation à la réglementation thermique (RT), visant à réduire les consommations énergétiques des bâtiments neufs, a vu le jour en France en 1974, suite à l’augmentation des prix des hydrocarbures lors du premier choc pétrolier.

Puis les exigences n’ont fait qu’augmenter de façon exponentielle avec de nouvelles réglementations en faveur de l’éco-construction. La dernière en vigueur étant la RT 2012. Elle limite pour toute construction neuve (appartements, maisons, bâtiments collectifs…) les consommations en énergie primaire (chauffage, etc.) à 50 kilowattheures (kWh) par m², par an et par habitant.

Différents labels sont venus se greffer sur cette norme, comme le Bâtiment Basse Consommation (BBC). « On parle souvent de RT 2012 – 20 %, c’est en quelque sorte performer dans la performance, souligne Vincent Bressy, architecte spécialiste de la transition énergétique. Le BBC est devenu un objectif de base pour la réhabilitation des bâtiments. »

On entend également parler du label Effinergie, qui a servi de base à la RT 2012. Il est associé aux Bâtiments à Energie Positive (Bepos), qui produisent plus d’énergie qu’ils n’en consomment.

Le label Haute qualité environnementale (HQE) vise quant à lui douze cibles (liées au choix des matériaux, à la gestion de l’énergie…) dont quatre à six sont obligatoires pour obtenir la certification. La maison écologique passive, dont le concept est né en Allemagne, est autosuffisante en énergie. « Les particuliers sont noyés dans tous ces labels. Il y a beaucoup de business et de marketing autour, observe l’architecte. Il faut revenir au bon sens dans la construction, au bien faire. » D’autant qu’une autre réglementation très exigeante arrive. Plus thermique mais environnementale…

Des exigences accrues avec la RE 2020

Avec la réglementation environnementale (RE) 2020, les bâtiments neufs ne devront consommer plus que 12 kWh d’énergie primaire par m², par an et par habitant, avec l’obligation d’utiliser les énergies renouvelables (panneaux photovoltaïques, solaires…). Ces exigences sont en faveur de l’éco-construction pour un immobilier écologique. Le but est de voir naître dans les années à venir, un maximum de maisons écologiques passives. « Cela équivaut à une consommation divisée par quatre par rapport à aujourd’hui ! », indique Vincent Bressy.

La RE 2020 concernera également les réhabilitations de bâtiments. « La France est le pays européen qui possède le plus de bâtiments existants. Alors que dans le reste de l’Europe, on a l’habitude de démolir et de reconstruire en fonction des nouvelles vagues de RT, notre pays est très à cheval sur la conservation. Beaucoup sont à rénover pour atteindre les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre », ajoute-t-il.

En matière de construction, on se demande comment construire une maison écologique. La RE 2020 implique des architectures compactes, sans combles perdues… « Celles-ci provoquent des différences de température, des problèmes de migration de vapeur d’eau…, affirme-t-il. On pourra encore créer des toits pentus mais il faudra notamment travailler sur l’effet « cathédrale ». » Une bonne isolation reste l’élément essentiel pour répondre à ces nouvelles exigences et obtenir une maison écologique autonome. « Plus et mieux on isolera, moins on chauffera en hiver et moins on aura besoin de refroidir le bâtiment en été », remarque-t-il.

Comme au moment du passage de la RT 2005 à la 2012, on estime entre 20 et 30 % l’augmentation du coût de la construction avec la RE 2020. La réduction des consommations d’énergie passera par un changement de comportement. « On aura beau faire les réglementations les plus strictes, si les modes d’usage et de consommation ne changent pas, c’est voué à l’échec, observe l’architecte. Les anciens, par exemple, ne chauffaient que les zones de vie et pas les chambres… »

La maison écologique de demain

« Je la vois réversible, modulable selon les besoins de la famille, et même reconstructible, imagine-t-il. On devra pouvoir changer régulièrement les matériaux, qui seront recyclables, par d’autres de plus grande qualité. La maison de demain devra s’adapter au lieu et être autonome au niveau énergétique. Les Américains travaillent depuis très longtemps sur la maîtrise de l’énergie des orages. Un seul éclair pourrait alimenter en électricité la ville de Paris pendant une année. »