Aller au contenu principal
< Retour

1970-2020 : 50 ans d’évolution de l’habitat

Date de publication : 09/12/2020

Partager

Les logements en France métropolitaine sont passés de 19 millions en 1970 à 36,6 millions en 2019, selon l’Insee. Liée à une hausse de la population, mais aussi à une évolution des modes de vie, cette augmentation a modifié la morphologie de l’habitat et engendré un important étalement urbain. Retour sur 50 ans d’évolution du logement en France.

Architecture de Marseille il y a plusieurs année.

Un essor progressif de l’habitat périurbain à partir des années 1970

À partir du milieu des années 1970, l’habitat périurbain connaît un important essor. En cause principalement : une démocratisation de l’automobile et la volonté des Français, en plein baby-boom, de posséder une maison individuelle avec un jardin.

Beaucoup d’entre eux rejettent, par ailleurs, les grands ensembles construits en banlieue durant la décennie précédente. Des zones pavillonnaires poussent en périphérie des grandes villes, ce qui conduit les autorités à encadrer le mouvement par le biais de zones d’aménagement concerté (ZAC). Elles sont dotées d’équipements, comme des écoles.

Ce phénomène de périurbanisation se poursuit à un rythme dense pendant une quinzaine d’années augmentant de fait la population des communes périphériques. Celle-ci progresse annuellement de 2,2% entre 1975 et 1982, puis de 1,7% entre 1982 et 1990, d’après le Centre de ressources documentaires aménagement, logement et nature.

Des habitations toujours plus éloignées des villes après 1990

La prédominance de l’habitat périurbain prévaut encore dans les années 1990, même si le nombre de ses habitants s’accroît désormais plus lentement (+ 1% par an). Toujours en quête d’un cadre de vie agréable, ces derniers cherchent aussi une alternative à l’explosion des prix de l’immobilier en ville. Par ricochet, ils grimpent aussi dans les communes des premières couronnes au détriment des catégories socioprofessionnelles les plus modestes.

Dans un souci de mixité sociale, des mesures sont prises, à l’instar de la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbain (SRU) en 2000. Elle impose à certaines communes de disposer d’un minimum de logements sociaux. La loi SRU se traduit également par le lancement des schémas de cohérence territoriale (SCoT). Ces outils de planification stratégique intercommunale reposent notamment sur le maintien d’un équilibre entre le développement urbain et le respect de l’environnement.

Réinvestir les villes pour lutter contre l’étalement urbain

En raison d’un déficit foncier, les candidats à l’acquisition d’une maison sont contraints, dès les années 1990, à se reporter sur des communes toujours plus éloignées des villes. En réaction et en lien avec le réchauffement climatique qui exige de limiter les déplacements, la lutte contre l’étalement urbain s’inscrit dans les politiques municipales (à travers les plans locaux d’urbanisme, etc.), à partir des années 2000-2010.

L’idée émerge de reconstruire la ville sur la ville avec la réhabilitation de friches, la promotion d’éco-quartiers, l’instauration de normes énergétiques (BBC, BEPOS)… Les habitants eux-mêmes réagissent. « Depuis 2008, le repli de la construction de maisons individuelles au profit des appartements en immeubles collectifs indique peut-être un changement des comportements », note l’Insee. Ces mutations de l’habitat « devraient être encore plus nettes dans les années à venir, pointe pour sa part l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie). On verra se développer des logements partagés » et les biens trop grands « seront remplacés par des logements plus petits. »

En bref

  • Le phénomène de périurbanisation, - le développement de l’habitat individuel en périphérie des agglomérations -, s’est accéléré dans les années 1970.
  • Face à l’explosion des prix de l’immobilier en ville, les Français continuent à s’éloigner des agglomérations dans les années 1990.
  • Des mesures sont prises pour maintenir un équilibre entre le développement urbain et le respect de l’environnement.
  • Afin de lutter contre l’étalement urbain, reconstruire la ville sur la ville est l’enjeu actuel des politiques d’aménagement du territoire.

Partager